Sommes-nous tous hypnotisables ?

Mis à jour le 13 juillet 2020 à 09:56

Spectaculaire ou médicale, l’hypnose captive. Les soignants sont de plus en plus nombreux à l’intégrer dans leur pratique, les patients à tenter l’expérience. Le point sur une thérapie mystérieuse. 

« Un individu hypnotisable est souvent un hystérique, soit actuel, soit en puissance, et toujours un névropathe. » Georges Gilles de La Tourette et Paul Richer n’y allaient pas de main morte en 1887, dans leur Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales. Les foules se pressaient alors à l’hôpital de la Salpetrière, à Paris, pour jouir du spectacle de grandes hystériques se contorsionnant sous l’influence du professeur Charcot. Un siècle plus tard, cette pratique, qui plonge dans un demi-sommeil grâce à différentes formes de suggestion, continue de captiver. Mais le regard porté sur elle a changé́. Spectacle et approche thérapeutique sont désormais scindés.

Un état naturel

N’importe qui peut-il plonger dans les « forces imaginantes qui creusent le fond de l’être » (L’eau et les Rêves de Gaston Bachelard ed. Livre de poche, 2007), pour reprendre l’expression du scientifique et poète Gaston Bachelard ? Oui, assure  Nicole Prieur, qui utilise de plus en plus cette méthode dans sa pratique clinique. Selon la philosophe et thérapeute, « l’hypnose est une vieille histoire de l’humanité́. Elle correspond à un épisode de dissociation de la conscience que nous traversons tous plus ou moins à un moment de la journée : quand vous êtes arrêté à un feu rouge et que vous pensez à votre réunion de la veille ou à venir, vous vivez un état d’hypnose ». C’est ce que Hegel, reprenant le terme inventé au XVIIIe siècle par Franz Anton Mesmer, médecin allemand, appelle le « magnétisme animal ». Le philosophe le définit comme un mouvement de « l’âme engagée dans le rêver et le pressentir de son monde individuel » (Le Magnétisme animal, naissance de l’hypnose de Hegel ed. PUF, 2014). 

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