Hypnose : quels sont ses bienfaits selon la science ?

Par Sylvie Boistard le 21.09.2020 à 09h00

Cet article est extrait du hors-série n°196 de Sciences et Avenir « Comment l’esprit guérit le corps ».

Origines

L’histoire de l’hypnose débute véritablement à la fin du 18e siècle avec les théories de Franz Anton Mesmer. Ce médecin viennois postule l’existence d’un fluide magnétique circulant entre les êtres et responsable de phénomènes inexpliqués, comme les transes. En France, ce « magnétisme animal » sera condamné par la Faculté de médecine en 1784, ce qui n’empêchera pas les magnétiseurs de continuer à œuvrer plus ou moins ouvertement. Jusqu’au 19e siècle, les mots « magnétisme » et « hypnotisme » sont d’ailleurs pratiquement synonymes. Le neurologue Jean-Martin Charcot assimile l’état hypnotique à un état pathologique de même nature que l’hystérie, s’opposant à son collègue Hippolyte Bernheim qui le voit comme un « simple sommeil », produit par la suggestion et susceptible d’applications thérapeutiques. Dans les années 1950, Milton Erickson, psychiatre américain, développe sa propre approche (l’hypnose éricksonienne) et définit l’hypnose comme « un phénomène banal, naturel, que chaque individu connaît dans sa vie ordinaire ». Aujourd’hui, cette thérapie recouvre diverses pratiques : l’hypnosédation (à visée sédative, utilisée en anesthésie), l’hypnoanalgésie (contre la douleur) et l’hypnothérapie (à visée psychothérapeutique).

 

Principe

D’une voix calme et posée, le thérapeute invite le patient à se représenter un lieu, un moment agréable, ou bien à fixer son attention sur un objet. Ce processus d’immersion le plonge dans un état de confusion mentale où son jugement ainsi que sa perception de l’environnement et du temps sont modifiés. L’inconscient et le conscient sont ainsi dissociés, le self-control comme désactivé. Par le choix des mots et la suggestion de métaphores, le thérapeute amène le patient à se détourner de la douleur, de son environnement (lors d’une intervention chirurgicale, par exemple), ou encore à trouver des solutions pour résoudre certains blocages (peurs, addictions).

 

Indications

En 2015, un rapport d’expertise de l’Inserm a évalué l’efficacité de cette technique en analysant les conclusions de 52 essais cliniques menés pour diverses pathologies.

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